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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 12:50

 

l hiver du commissaire ricciardi

 

Auteur : Maurizio De Giovanni

 

Editeur : Rivages

Collection : Rivages/Noir

Pages : 267

Parution : Août 2011

 

 

En cette fin du mois de mars 1931, un vent glacial souffle sur Naples. Le Théâtre Royal San Carlo s’apprête à donner Cavalleria Rusticana et Paillasse avec le célèbre Ténor Arnaldo Vezzi, artiste de renommée mondiale et ami du Duce. Mais le chanteur est retrouvé sans vie dans sa loge, la gorge tranchée par un fragment acéré de son miroir brisé. Chose étrange, alors que les murs sont éclaboussés de sang, le manteau et l’écharpe blanche de l’artiste sont parfaitement propres.

L’affaire est confiée au Commissaire Ricciardi, peu apprécié par ses supérieurs en raison de son caractère et de ses méthodes atypiques,  mais reconnu comme un enquêteur de valeur. Ce que peu de gens savent, c’est que le commissaire est un homme tourmenté. Traumatisé par la vision d’un cadavre dans l’enfance, il est hanté par des visions dès qu’il est confronté à la mort violente ; il « voit », comme inscrit sur une pellicule, les derniers instants des êtres qui passent de vie à trépas et va jusqu’à éprouver leur souffrance…

 

 

 

 

Luigi Alfredo Ricciardi né en 1900, a 31 ans, l’âge du siècle. Taille moyenne, teint mat, yeux verts, cheveux noirs fixés à la brillantine, Luigi Alfredo Ricciardi aurait pu éviter de travailler grâce à des rentes provenant de sa famille, il est le fils du Baron Ricciardi.

Mais il dissimule tout aussi bien les rentes qu’il perçoit que son titre afin de passer inaperçu au sein de la voie qu’il a choisie, celle de la police.

Depuis ce fameux jour de son enfance où il vit la Chose (comme il l’appelle), son existence a pris un autre tournant. Ce fameux jour de son enfance, Ricciardi a été confronté à la vision d’un mort. Mais ce mort était en fait déjà passé de la vie à trépas. Depuis ce fameux jour, Ricciardi voit passer devant lui des spectres, ils lui font des gestes et tentent de lui demander la paix, pleurent parfois, et demandent justice aussi. Ça lui tombe dessus comme ça, sans le prévenir, il est assaillit par ces fantômes à n'importe quel moment. Il perçoit aussi leurs douleurs, leurs peines.  
C’est pour cela que Ricciardi, depuis ce fameux jour, a décidé d’intégrer la police et non de rester à rien faire à attendre que les rentes de la famille lui tombent dessus. C’est le seul moyen qu’il ait trouvé pour alléger le fardeau qu’il porte sur ses épaules. Ainsi, peut-être, justice sera rendue d'une certaine manière. « Rester dans le monde des vivants pour ensevelir les morts ».

 

L’ère faciste a 9 ans en Italie, Ricciardi en a 31, et il est désormais Commissaire de police à la brigade mobile de la Questure royale de Naples. Ricciardi n’a pas d’ami, travaille tard et est très assidu. Ses supérieurs apprécient peu son caractère car Ricciardi ne fait pas cas d’une hiérarchie, il dit ce qu’il pense et ne respecte pas les procédures. Par contre, il est très réclamé pour le soin de ses enquêtes, mais aussi pour sa vie consacrée au travail, et à sa faculté de résoudre des cas insolubles. Il ne fréquente personne mais chaque soir en rentrant chez lui, il observe à travers la fenêtre, une jeune femme qui vit de l’autre côté de la rue. Elle fait la cuisine, la vaisselle, le ménage… Mais bien souvent ce que Ricciardi préfère, c’est la regarder broder.

 

Le Commissaire Ricciardi se voit confier une affaire des plus délicates. Le grand Ténor Arnaldo Vezzi a été retrouvé mort dans la loge qu’il occupait au Théâtre Royal San Carlo de Naples juste avant la première de la représentation de Cavalleria Rusticana et Paillasse, deux grands opéras. Délicate affaire car le Ténor de renommée mondiale était un grand ami du Duce. Les supérieurs de Ricciardi lui confie l’affaire mais veulent des résultats tout de suite et veulent être informés de chaque avancée au plus vite. Ricciardi va mener l’affaire avec son compatriote, Maione, qui est le seul à le comprendre.

Le premier fait que Ricciardi remarque est que la porte de la loge du Ténor était fermée à clés de l’intérieur. La porte a été défoncée car le Ténor ne répondait pas aux appels.

Il avait la gorge tranchée par les éclats du miroir, certains se posaient donc la question de savoir si le Ténor ne s’était pas suicidé. Ricciardi sait bien qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Ricciardi voit déjà le spectre du Ténor Vezzi devant ses yeux, dans la loge. Ricciardi a même la sensation que Vezzi veut lui faire comprendre quelque chose. Et des larmes coulent sur ses joues. Pourquoi le Ténor Vezzi pleurait au moment de sa mort ?

Une affaire sensible est dans les bras de Ricciardi car politiciens, grands personnages et divisionnaire, qui adulaient le Ténor Vezzi ne lâchent pas prise quant au dénouement de l’affaire. Ricciardi devra se fier à son sens du dénouement et de la justice qui sont si bien ancrés en lui.

 

 

 

 

 

 

Un personnage à découvrir.

Une première enquête Napolitaine à découvrir,
où l’Italie est depuis 9 années sous le régime fasciste.  

 

 

Je dois dire que si Masse Critique Babelio ne m’avait pas envoyé ce polar a découvrir, je ne n'y aurais peut-être pas prêté attention en librairie… Cela aurait été un tort.

Car même si l’enquête en elle-même est classique (il s’agit là d’une enquête à énigme comme l’on peut trouver auprès d’Agatha Christie), je dois dire que l’ambiance de ce polar m’a plu.

 

Oui, polar à énigme, c’est un roman d’atmosphère.

Pas de tueries, pas d’ambiance glauque, tout est dans la déduction.
J’aime ce genre d’énigme à résoudre, ça fait marcher les cellules grises.

L’enquête est vraiment bien construite. On baigne dans le lyrisme puisque tout se passe autour des opéras et des protagonistes du monde lyrique. Et ça c’est une originalité dans le polar.

J’ai beaucoup aimé cette ambiance des années 30, Italiennes. Ça change de ce que l’on peut lire habituellement.

Les personnages sont bien travaillés. D’une certaine manière on s’attache au Commissaire Ricciardi qui porte un lourd fardeau sur ses épaules puisqu’il porte toute la peine des spectres qu’il peut voir passer devant lui. Ces spectres lui demandent en somme que soit rendu justice. Et même si ce commissaire est un peu bourru et où on sent bien qu’il ne décroche pas souvent un sourire à ses collègues ou à ses proches, et bien au fond de lui on sent qu’il a beaucoup à offrir mais que ce fardeau l'assome. J’ai aimé également, ce petit jeu d’observation de fenêtres en fenêtres. Où chaque soir, il observe la jeune femme qui brode de l’autre côté de la rue. Il l’aime. Il l’a croise de temps en temps même. Il pense qu’elle ne l’a jamais remarqué et encore moins vu a l’observer derrière la fenêtre. Mais elle n’attend que ça. Elle s’inquiète même les soirs où il rentre tard et et lorsqu'elle ne le voit pas l’observer derrière la fenêtre. Ce jeu est très plaisant, romantique ^^.

 

L’écriture est soignée. Le style très agréable.

Il s’agit du premier opus d’une série qui verra passer les saisons du Commissaire en fait. Original de lier les saisons aux opus.

 

En somme, j’ai fais une très agréable découverte même si l’on pourrait penser que ce polar est on ne peut plus classique et banal. Tout se joue à côté.
Roman d’atmosphère à découvrir. Un premier opus où le vent serait quasiment un personnage récurrent de l’ouvrage, où le monde lyrique italien tient une place importante, et où les spectres deviennent compagnons du Commissaire Ricciardi.

 

 

 

 

 

 

 

Extrait lorsque Ricciardi est demandé dans le bureau de son supérieur, le divisionnaire Garzo :

 

«
Angelo Garzo était un arriviste. […] Il croyait posséder les meilleurs atouts : belle prestance, excellentes relations, famille parfaite, dévouement au travail, membre du Parti et implication dans chaque initiative politique, docile avec les supérieurs et ferme avec les subordonnés. […] Ricciardi entra, en jetant un rapide coup d’œil autour de lui. Bien que de dimensions similaires, le bureau de Garzo ne ressemblait pas du tout au sien. Méticuleusement ordonné, sans piles de rapports ni vieux papiers, une grande bibliothèque bourrée d’austères livres juridiques jamais ouverts. […] Sur le bureau, pour tenir compagnie à un coupe-papier et à un sous-main en cuir vert, la photo d’une femme, pas vraiment belle mais souriante, entourée de deux enfants sérieux en costume marin.

De tout ce décor pompeux, Ricciardi n’enviait que la photographie.

Le bruit courait dans les couloirs que la femme de Garzo était la nièce du préfet de Salerne et que, de ce mariage, dépendait en bonne partie la carrière du divisionnaire. Quoi qu’il en soit, pensa Ricciardi, il  ya un sourire dans ta vie. Dans la mienne, il n’y a qu’une main qui brode, observée de trop loin.      »

 



Un extrait qui, je trouve, montre un récit soignée, mais aussi les sentiments de Ricciardi vis à vis de la jeune femme qui brode de l'autre côté de la rue. Il aimerait qu'elle soit près de lui, il continuerait bien sûr à la regarder broder, mais chez lui, chez eux, mariés. On se doute pourquoi Ricciardi n'a jamais fait un pas vers cette jeune femme. On se doute qu'il s'agit de tout le fardeau des spectres qui l'entourent, un fardeau qui le rend taciturne et refermé sur lui-même.

 

 

 

 

Merci aux Editions Rivages et

à Masse Critique Babelio

 

 

 

 

 

 

 

 

Je poursuis petit à petit mon challenge

Le Tour du Monde

 

et avec ce livre j'ai voyagé jusqu'en Italie

 

08/50

 

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commentaires

Lady K 07/11/2011 11:41



Je vais regarder cela de plus près, le sujet m'interesse bien donc je pense que je vais me laisser tenter :P



Alex-Mot-à-Mots 03/11/2011 15:25



Tes dernières lignes ont fini de me convaincre. Je note.



Lilibook 03/11/2011 22:35



Ahh, j'espère que cette possible future lecture te plaira.



herisson08 02/11/2011 16:07



Oh et bien pourquoi pas !



Lilibook 02/11/2011 20:42



Si tu aimes les polars à énigmes, tu devrais aimer ;-)



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