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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 20:46

queue de poisson

 

De Carl Hiaasen


Format : Poche
Editeur : 10 - 18
Collection : Domaine Etranger
Pages : 535
Parution : avril 2008

Il avait tout prévu : la croisière en paquebot la promenade nocturne sur le pont et le moment où il la balancerait par-dessus bord au milieu de l'Atlantique. Encore mieux qu'un divorce. Mais ce que Chaz n'avait pas imaginé, tout docteur en biologie (et surtout ès magouilles) fût-il, c'est que Joey puisse survivre à tout ça. Et voilà que son " épouse regrettée " est repêchée par un ex-flic reconverti en Robinson, à quelques miles des côtes de la Floride. Elle pourrait le dénoncer. Mais ce ne serait pas drôle. Au point où elle en est, autant jouer les fantômes et lui pourrir la vie à petit feu. Du faux écolo véreux et de la riche héritière trahie, on verra bien qui est le plus sournois.

 

« Hiaasen excelle dans un genre qui fait cruellement défaut : le thriller qui déchire les zygomatiques… »

Brigitte Hernandez, Le Point.

 

 

Joey est une séduisante femme qui a pour époux, en secondes noces, Chaz Perrone. Joey, en plus, est une femme richissime, mais ayant la tête sur les épaules, tout est fait en sorte que son argent n’appartienne qu’à elle. Chaz Perrone est un mari infidèle, il a plusieurs maîtresses dont une plus régulière, elle n’est autre que sa coiffeuse. C’est aussi un biologiste, enfin un pseudo biologiste, qui veut qu’on l’appelle docteur. En fait, il travaille pour un propriétaire de terres agricoles, qui refourgue ses engrais dans les Everglades de la Floride (zones protégées). Alors, ce propriétaire connaissant les principes de Chaz, l’a embauché pour faire croire qu’il surveille les taux rejetés dans les Everglades, mais en fait il falsifie toutes les données et tous les échantillons qu’il récupère sur place. Côté biologie, sciences, il n’y connaît strictement rien puisqu’il a acheté ses diplômes, mais c’est un pro et un roublard pour doubler tout le monde. C’est aussi un fainéant qui s’envoie des fleurs dès qu’il réussit quelque chose, c’est aussi un lâche

Oui mais voilà, avec ses trafics et les données qu’il ramène parfois à la maison, il se met à douter sur le fait que sa femme pourrait être au courant de toutes ses magouilles.

 

Alors un jour, il met au point un plan qui pour lui est mieux qu’un divorce, balancer sa femme par-dessus bord lors de leur voyage anniversaire de noces sur le paquebot Sun Duchess.

Chaz, fainéant mais pas nigaud, à monter un plan diabolique, déjà pour ne pas que sa femme Joey s’aperçoive de quoi que ce soit au moment où il lui attraperai les pieds pour la jeter à l’eau ; mais aussi, il a monté un plan très bien pensé pour que cela paraisse plausible auprès des autorités, jusqu’à avoir emporté dans ses valises, un livre qui évoque la tristesse, qui puisse faire paraître aux autorités que Joey était une femme aux pensées tristes et déprimées (il avait laissé ouvert ce livre sur la table de nuit de sa femme, la nuit du meurtre, pour ainsi faire croire qu’elle le lisait juste avant de se jeter à l’eau).

Bref, cet homme est machiavélique.

 

Sauf que, la ravissante Joey, balancée  par-dessus-bord était dans sa jeunesse, championne de natation à l’université. Et ça, Chaz l’avait négligé. Si bien qu’une fois balancée par-dessus bord, Joey tente tant bien que mal de ne pas se faire immerger par les vagues du paquebot, et arrive à nager un peu. Elle se trouve essoufflée mais ses pensées sont là et sur le moment elle se pose tout un tas de question. Mais pourquoi Chaz a fait ça ????!!????

Alors là, le côté humour arrive, un passage que je vous relate plus bas.

 

Joey fatigue de plus en plus, Joey craint les requins, Joey commence à délirer. Elle se réveille agriper à quelque chose, elle prend de suite peur, car elle pense qu’elle est aux proies d’un requin. Il s’avère qu’elle a trouvé de quoi ne pas couler, des sacs remplis de drogues voguant sur la mer… Quelqu’un la repêche, un robinson crusoé, qui vit sur île non loin des côtes de Floride. Il s’avère que c’est un ancien flic.

Lorsque Joey reprend du poil de la bête grâce à cet homme qui l’a repêché, Mick, elle va dans un premier temps essayé de comprendre  pourquoi son mari l’a jeté par-dessus bord. Et ensuite, avec le soutien de Mick, et alors que toutes les autorités la recherche et que sa pourriture de mari s’épanche sur la disparition de sa femme adorée, Joey ne va pas du tout prévenir les autorités de sa survie et dénoncer son mari de l’avoir balancé à la flotte. Elle va se venger de son mari, avec l’aide de Mick, et c’est deux là vont faire vivre à Chaz un enfer. Sa vie va devenir un enfer, il va se demander si il ne devient pas totalement fou.

 

Chuttt, pour le reste, à vous de découvrir ce génial livre.

 

 

Alors ça, croyez-moi c’est une lecture humoristique.
Queue de poisson est un livre à suspens, mais il est aussi très désopilant. Vous vous souvenez du téléfilm (que je ne manquais pas d’ailleurs, même à chaque rediffusion, chutt je viens de l’acheter en DVD) « La vengeance aux deux visages »  ?
Et bien on retrouve un peu le même thème dans ce livre.
Et c’est un réel plaisir de voir la pourriture de mari de Joey, se liquéfier à chaque évènement étrange qui peut se passer autour de lui. Ouh la la, Joey et Mick ont de la ressource pour faire passer des mauvais ¼ d’heures à Chaz. La vengance est un plat qui se mange froid.

J’ai passé vraiment un superbe moment avec cette lecture, l’auteur utilise un style humoristique dans ce polar. Les personnages ont tous un caractère adéquate pour cette histoire, aussi bien Chaz le mari véreux, que Joey la riche héritière qui tient à se venger, que Mick l’ex-flic devenu un Robinson Crusoé, que le flic qui est en charge de l’affaire et qui est accro des reptiles, et aussi bien encore que Ricca, la maîtresse de Chaz dont nous avons là, un portrait typique d’une maîtresse ;-) Et bien d’autres personnages totalement déjantés encore, mais dont je ne peux vous faire la liste. Les personnages sont tous intéressants à décortiquer. Si vous ne connaissez pas encore Carl Hiaasen, je vous invite à le découvrir. Pour ma part, c’est le 1er livre que je lis de cet auteur, mais visiblement ses romans sont tous à la fois à suspens et  humoristiques.

Maintenant, attention, il ne s’agit pas là d’un polar pure, enquête et meurtres à tout bout de champs. Non, il faut prendre ce polar-humoristique, pour le côté humoristique et pour une lecture détente.

L’auteur nous immisce aussi dans ce livre, une bonne partie écologique. Avec le saccage des Everglades, en Floride.

Bref j’ai passé un excellent moment avec cette lecture, et j’ai vraiment apprécié cette découverte de l’auteur, et je ne peux tout vous dévoiler mais il se passe, dans ce livre, un tas de choses !!

 

 


 

Voici un extrait qui m’a fait beaucoup sourire, lorsque la pauvre Joey se retrouve balancée à la baille par son mari, et qu’elle arrive tant bien que mal à rester à la surface de l’eau alors qu’elle voit partir le paquebot ;-)

Joey à ce moment là se demande pourquoi son mari la jeté à l’eau : (j'imagine la scène filmée, la tête de la jeune femme balancée à la baille, se posant illico les questions suivantes)

 

Bientôt ses jambes s’engourdirent, un lent fourmillement qui partait des orteils en remontant. Des crampes musculaires ne l’auraient pas surprise, mais cette insensibilisation si lente. Elle se retrouva à lutter pour garder la tête au-dessus de l’eau et bientôt, elle sentit, qu’elle avait complètement cessé ses battements de pied. Vers la fin, elle opta pour la brasse, ses jambes à la traîne comme des câbles brisés blafards.

On n’est mariés que depuis deux ans, calculait-elle. Qu’est-ce que j’ai fais pour mériter ça ? Pour chasser ses idées morbides, Joey dressa mentalement la liste de ce que Chaz lui reprochait :

-         Sa tendance à trop faire cuire la volaille, le poulet en particulier, en raison de sa peur de toujours, la salmonelle.

-         La crème hydratante qu’elle s’appliquait la nuit sur le visage et qui sentait vaguement l’insecticide.

-         Qu’il lui arrive de s’assoupir pendant les matches de hockey, play-off compris.

-         Son refus de lui faire une pipe quand il roulait sur l’Interstate 95, le Sunshine State Parkway ou toute autre route où la vitesse limitée dépassait 80km/heure.

-         Qu’elle puisse le battre à plates coutures au tennis si ça lui chantait.

-         […]

-         Qu’elle soit membre d’un club de livre hebdomadaire.

-         Qu’elle soit plus riche que lui.

-         […]

Voyons, Joey, se dit-elle.

Un mec ne décide pas tout à trac d’assassiner sa femme, simplement parce qu’elle lui sert un poulet de Bresse caoutchouteux.

[…]


 

 

Roman lu dans le cadre de mon challenge abc 2010

Lettre H

47668423 p

 

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 13:12

laubergerougeDe Honoré de Balzac

Format : Poche
Editeur : Gallimard
Collection : Folio 2€
Pages : 66
Parution : janvier 2005

 

 

Dans une auberge au bord du Rhin sont réunis par le hasard deux jeunes Français et un riche négociant allemand qui passent une agréable soirée avant d’aller se coucher. Au petit matin, on retrouve le négociant décapité…

Dans les brumes de l’Allemagne romantique, l’inspecteur Balzac mène l’enquête !

 

 

Nous nous trouvons au cours d’un dîner où est présent un banquier allemand qui se nommait Hermann, de passage à Paris. Pour lui faire honneur, les hôtes chez qui il se trouve, ont convié quelques amis pour un dîner. A la fin du repas, les invités lui demandent de raconter une histoire allemande.
Il va entamer une histoire entendue au moment des guerres napoléoniennes, un crime qui a été commis en 1799 au sein d’une auberge de campagne dans le Rhin.
Une auberge qui affiche complet et qui voit arriver encore quelques clients de passage, deux militaires – chirurgiens, et un industriel Allemand qui arrive peu de temps après les militaires. Alors, s’ils veulent loger à l’auberge, ils devront partager leur chambrée. 
Cela leur convient très bien, prennent leur dîner, et au cours de ce repas, l’industriel  avoue qu’il a avec lui, une somme importante et des diamants.
Arrive le moment de se coucher, chacun est fatigué, mais l’un des deux militaires – chirurgiens, Prosper Magnan, ne trouve pas le sommeil. Le fait de savoir que dans cette chambre se trouve une somme colossale ainsi que des diamants, lui monte à la tête. Au lieu de s’endormir, lui vient des pensées macabres, il imagine tuer l’industriel et s’enfuir avec l’argent et les diamants. Ses pensées divaguent, il s’endort enfin.

Le lendemain matin, Prosper Magnan est réveillé par un grand bruit, des hurlements dans la chambre. L’horreur est sous ses yeux, le riche industriel a bel et bien été tué, il baigne dans une mare de sang. La tête de l’industriel Allemand gisait à terre, le corps lui, était sur le lit. Prosper Magnan reconnaît alors l’instrument de chirurgie posé sur le lit de l’industriel, c’est le sien. Très vite, il est emmené par les soldats français, les dépositions sont vite prisent. Prosper Magnan est jugé coupable et emmené en prison.

Sauf que Prosper n’a commis ce crime que dans ses pensées, il est innocent.

Innocent, arrêté, emprisonné puis fusillé.

Le banquier Allemand lors du dîner poursuit son récit, écouté attentivement par les convives dont le narrateur de l’Auberge rouge. Mais à table, un des convives est en train de se liquéfier au fur et à mesure que le banquier Allemand raconte cette histoire.

Je vous laisse lire la suite, et découvrir qui est cet autre convive, très mal à l’aise à table.

 

Avis mitigé pour ma part. Déjà je ne m’attendais pas à cette histoire. En effet, je pensais que l’adaptation du film L’Auberge Rouge avec Josiane Balasko et Gérard Jugnot, était tirée de ce livre. L’histoire n’a rien à voir, donc pour le coup, un peu déstabilisée. Mais bon ce n’est pas grand-chose tout de même.

Bien que l’histoire soit agréable à lire et intéressante, en fait, je ne la garderais pas longtemps en mémoire je pense… J’ai aimé l’ambiance suspense, mais aussi philosophique qui a une grand importance dans ce livre, mais malgré que 67 pages, j’ai trouvé quelques passages longs… Maintenant, dans le côté intéressant, il y a aussi le style de Balzac, où on retrouve dans l’écriture du récit, à la fois des questions posées et les réponses à celles-ci éludées.

Mon résumé s’arrête à un certain moment de l’histoire pour ne pas trop vous en dévoiler, et vous laissez découvrir le fin mot de l’histoire, certains personnages de cette courte nouvelle sont retrouvés dans une autre œuvre de Balzac. Donc avis mitigé mais, la partie mitigée est infime quand même avouons-le. ;-)

 

Avis trouvés sur la blogosphère : Les livres de George Sand et moi - L'ivresque des livres -

 

 

CHALLENGE_2_EUROS.jpg

 

 

 

LU dans le cadre du Challenge 2€

 

 

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 09:00

sukkwan islandDe David Vann

Format : Broché

Editeur : Gallmeister
Collection : Nature Writing
Pages : 212
Parution : janvier 2010

Une île sauvage du sud de l'Alaska, accessible uniquement par bateau ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C'est dans ce décor que Jim décide d'emmener son fils de 13 ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d'échecs personnels, il voit là l'occasion de prendre un nouveau départ et de renouer avec ce garçon qu'il connaît si mal. La rigueur de cette vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu'au drame violent et imprévisible qui scellera leur destin.

Sukkwan Island est une histoire au suspense insoutenable. Avec ce roman qui nous entraîne au cœur des ténèbres de l’âme humaine, David Vann s’installe d’emblée parmi les jeunes auteurs américains de tout premier plan.


 

Jim vient d’acheter une île perdue en Alaska, l’île de Sukkwan. Jim, dentiste, a eu pendant les précédentes années, de nombreux échecs dans sa vie. C’est pourquoi il a décidé de vivre une expérience, accompagné de son fils.

Il emmène son fils de 13 ans passer une année sur cette île. Sur cette île, un cabanon en bois, et elle n’est accessible que par bateau ou hydravion. Pour se nourrir, un hydravion a débarqué de la nourriture pour les premiers mois, en même temps qu’il ait déposé Jim et son fils Roy. Une île coupée du monde, où Jim et son fils vivront de ce que la nature pourra leur donner, la chasse, la pêche… Ils devront subvenir à leurs propres besoins, une fois la nourriture des premiers mois terminée. Le cabanon est entouré de forêt et de montagnes arides.

Pour lui cette expérience « à la dure » va lui permettre de prouver de quoi il est capable, de prendre enfin un nouveau départ, mais aussi de renouer avec son fils qu’il ne voyait plus beaucoup depuis sa séparation avec la mère de Roy.

Les premiers jours, l’occupation est là pour arranger ce cabanon rustique, couper du bois pour les maintenir au chaud tout l’hiver, pêcher des poissons, construire un fumoir pour le poisson pêché… Jim prend des directives, et il est heureux de pouvoir offrir une aventure comme celle-ci à son fils. Mais Roy, lui, n’est pas tout à fait convaincu qu’une année sur cette île soit des plus réjouissante. Roy se rend compte au fur et à mesure des jours passés, que son père  n’est pas forcément très organisé dans les différentes tâches qu'il entreprend et qu’en fait il n’a pas vraiment programmé, à l’avance, ce qui pouvait se passer sur l’île, il n’a rien organisé en somme pour leur vie de tous les jours.

Bien vite, les ennuis vont arriver. Lors d’une randonnée pour découvrir l’île, un ours s’incruste dans le cabanon, saccage l’intérieur du cabanon, les matelas… et mange une grande partie de leur réserve de nourriture.

Jim et Roy entreprennent certaines choses ensuite, mais rien ne va se passer comme ils l’auraient souhaité. Jim n’est, en fait, pas du tout un homme capable de survivre en milieu hostile, et encore moins avec un enfant à sa charge. Il est désordonné dans les travaux. Pour Roy, son quotidien va s’alourdir de jour en jour, ayant beaucoup de mal à supporter cette vie et ce milieu hostile, et cette proximité avec son père. Car Jim, a quelques soucis question équilibre mental. Chaque nuit, l’un et l’autre allongé côte à côte dans les matelas, Roy doit supporter les pleurs, les confessions, les cauchemars de son père sur toutes les erreurs qu’il a pu faire au cours de son existence. Jim devient un danger sur cette île isolée. Et comment faire pour Roy, ado de 13 ans, pour supporter et faire face à tout cela…


J’ai dévoré ce livre. Impossible de le lâcher, on a envie de connaître le bout du bout. Chaque instant monte crescendo. L’histoire est originale, un défi pour le père, une vraie torture pour le fils qui comprend que son père n’a rien préparé à cette expédition, n’a pas pris les devants avant de débarquer sur cette île perdue, juste eu l’envie de vivre cette expérience sans rien prévoir à l’avance pour leurs existences. Le début de cette aventure paraît idyllique, en quelque sorte une sortie camping sur plusieurs mois, il faut prévoir pour l’avenir aussi, pêcher, chasser, fumer les poissons pour les mettre en réserve pour l’hiver. Mais tout cela s’avère très difficile. Ils devront arpenter l’île pour subvenir à leurs besoins. Une île hostile due au climat rude. Le froid, la solitude, la faim va peu à peu transformer cette expérience en cauchemar. Mais le cauchemar va venir également d’eux-mêmes, car la promiscuité, et le déséquilibre mental de Jim va les transformer en prédateur l’un pour l’autre. Tout ça va jouer sur leur système nerveux et une vraie descente aux enfers va commencer jusqu’à un drame qui changera du tout au tout le cours de la vie.

C’est pour cela que l’on ne peut pas lâcher ce livre, dès que l’on tourne une page il se passe forcément quelque chose. Un livre noir et obsédant sur la fragilité des êtres humains, sur le désespoir d’un homme qui souhaitait repartir du bon pied dans sa vie, effectuer quelque chose d’extraordinaire ; et sur le désespoir d’un jeune garçon loin de sa mère et de sa sœur, embarqué dans un milieu hostile qu’il n’apprécie pas.
L'histoire est très haletante. L’auteur nous offre deux parties dans ce livre. La première partie est axée sur le déroulement et la mise en place des nouveaux arrivants sur l’île, beaucoup de descriptions de leur nouvelle vie sur l’île, et pourtant l’auteur immisce un certain suspense au cœur même de toutes ces descriptions. On sent, on sait, que cela ne va pas se passer comme il faut, mais on ne s’attendra pas à ça pourtant. Le passage de la première à la seconde partie sera totalement déroutant, perturbant.
Rien à noter côté style de l'auteur, un style qui nous fait remarquer l'absence de ponctuation signalant les dialogues.

En bref, c’est un livre totalement déroutant et émouvant que je vous conseille !!

Autres avis sur la blogo : Leiloona, Alex Mot à Mots, Keisha, Mango, Pimprenelle, Stéphie

 

 

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 12:45

damesdumediteDe Juliette BENZONI

Format : Poche
Editeur : Pocket
Pages : 416
Parution : septembre 1992

 

Eté 1902… Sur un arbre perchée, Mélanie épiait le bal donné par son illustre voisine. La branche cassa. Mélanie tomba aux pieds d’un beau marquis… Elle avait quinze ans. Son cœur battait pour la première fois. Le marquis l’épousa. Lorsque, après la fête, ils gagnèrent leur sleeping du Méditerranée-Express, elle crut qu’ils embarquaient pour Cythère…
Il n’en était rien. Le marquis passa « leur » nuit de noces avec une danseuse espagnole… Effondrée, Mélanie voudrait mourir. Elle va se jeter du train lorsqu’elle est sauvée par un peintre énigmatique fort séduisant…
Commencent alors d’incroyables aventures au cours desquelles elle découvrira l’amour, déjouera d’ignominieux complots et attirera les regards d’un roi…

Passion, larmes, émotions… Le premier tome d’une grande saga.


Août 1914 à bord d’une locomotive qui l’emmène aux abords des frontières de l’est de la France, Pierre Bault qui était « conducteur » de sleeping (nom porté par le fonctionnaire chargé d’une voiture-lits) à bord du train de luxe Le Méditerranée-Express, se souvient de jeunes femmes qu’il a croisé à bord du Méditerranée-Express.
Pour ce 1er opus, il se souviendra de cette jeune mariée, Mélanie, mariée au Marquis de Varennes.

1902, Mélanie est une jeune fille de la haute société, l’unique héritière de la famille Desprez-Martel. Un père disparu et une  mère, Albine, qui pour pouvoir toujours paraître jeune et pour que sa fille ne lui vole pas la vedette, affuble Mélanie de vêtements disgracieux. Elle trouve sa fille plutôt garçon manqué car Mélanie apprécie plus de monter à bord du bateau de son grand-père que de s’occuper des rumeurs aristocrates. Albine retarde aussi l’entrée dans la haute société de sa fille afin qu’elle puisse, elle, parader en toute liberté dans des tenues somptueuses, dans les grandes soirées données par l’aristocratie. Elle s’occupe plus de son paraître que de sa fille pour qui elle n’a pas beaucoup d’estime.

C’est pourquoi lors des vacances dans leur villa de Dinard, Mélanie, un soir d’été où sa mère était en soirée, s’est échappée de sa chambre en tenue de nuit et s’est accrochée aux branches d’un arbre pour épier un bal donné par sa fascinante voisine, ayant pour invités, tous les grands noms et les grandes fortunes. Mélanie du haut de son arbre s’extasiait sur les splendides décorations intérieures mais aussi sur la profusion de toilettes et de bijoux portés par de jeunes ladies. Elle se savait trop jeune encore pour participer à ses fêtes. Du haut de son arbre, la branche cassa et elle tomba chez sa voisine, aux pieds d’un jeune homme qu’elle trouva exquis. En tombant elle se foule la cheville et le jeune homme prend soin de la raccompagner à son domicile.

Sa mère, lorsqu’elle apprend les péripéties de sa fille et surtout que c’est le Marquis de Varennes en personne qui a raccompagné sa fille et qu’il va sous peu venir prendre des nouvelles de Mélanie, s’échappe encore dans ses folies vestimentaires pour plaire à cet homme. Et bien évidemment, Albine va encore voler la vedette à sa fille et faire du charme à ce beau Marquis sous les yeux de Mélanie qui rage encore des folies de sa mère car la jeune demoiselle est, elle aussi, très éprise du jeune Marquis de Varennes. Mais c’est Albine qui va devenir la maîtresse du marquis. Mélanie est triste, explose de colère après sa mère. Mais Mélanie prend conscience qu’elle aussi peut plaire. Sa mère ne tarde pas à partir en voyage accompagné du Marquis. Peu de temps après celui-ci, et à la grande surprise de Mélanie, le Marquis de Varennes demande à Mélanie de l’épouser. Le grand-père de Mélanie qui est un sage homme et qui se préoccupe beaucoup du sort de sa petite-fille qu’il aime beaucoup, accepte ce mariage qui tient beaucoup à cœur de Mélanie mais sous certaine conditions, une année de fiançailles. Mais le grand-père disparaît bien étrangement au cours d’un voyage pour affaires. C’est alors que le mariage de Mélanie avec le Marquis va se précipiter avec un futur mari et une mère empressés de voir Mélanie mariée… D’ailleurs Mélanie ne comprend plus trop sa mère, qui était il y a peu, très éprise du Marquis…

Le mariage a lieu, et le jeune couple part en voyage de noces à bord du train de luxe Méditerranée-Express. 2 sleepings ont été retenus pour les mariés et le jeune époux plein d’égard envers sa femme, lui propose de ne pas passer leur nuit de noce à bord du train mais plutôt une fois arrivée à destination en Méditerranée. Chacun se rend donc dans son sleeping. Mélanie n’arrivant pas à dormir souhaite alors se rendre dans le sleeping de son mari, mais en entrouvrant la porte pour sortir de sa cabine, elle aperçoit que celui-ci se rend dans le sleeping d’une belle danseuse espagnole qu’ils ont croisé à bord du train. Elle s’approche de la cabine, entend des « Chérrrriii », se cache et entrevoit qu’ils se font livrer du champagne. Mélanie tente de se suicider en se jetant du train mais un peintre et Pierre Bault « le conducteur » la rattrapent et la sauvent. C’est alors que Mélanie prend conscience qu’elle ne veut plus jamais entendre parler de son mari et ne plus se trouver face à lui. Le peintre, Antoine Laurens, descendant en Avignon va alors la faire descendre en cachette du train.

Et je m’arrêterais là bien évidemment pour ne pas vous informer de la suite ;-)

 

Ah, on s’attache à cette jeune demoiselle qui se trouve aux griffes d’une mère indigne et qui tombe sous les mains d’un jeune marquis plutôt frivole. La belle plume de Juliette Benzoni fait qu’on lit se livre en un rien de temps. On sait bien que cette histoire d’amour va virer au cauchemar pour Mélanie mais on veut absolument connaître le sort qui lui est réservé. L’histoire romantique se mêle à l’histoire de France avec l’entrée de beaucoup de personnages historiques tels que Jeanne Lanvin, l’homme d’état Emile Loubet qui n’est autre qu’un ami du grand-père de Mélanie et encore bien d’autres. Une histoire qui peut sembler quelconques mais l’attachement aux personnages nous fait apprécier cette lecture. Il s’agit du 1er opus de la série « Les dames du Méditerranée-Express », souvenirs de femmes rencontrées par Pierre Bault, le conducteur du sleeping Méditerranée-Express. Des femmes qui se sont croisées à bord de ce train, et bien évidemment je renouvellerais ma lecture avec le 2ème volet de la série.

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 18:15

argent bruléDe Ricardo Piglia

Format : Broché
Editeur : Editions Zulma
Collection : Littérature hispano-américaine
Pages : 272
Parution : avril 2010


Un soir de mars ou d'avril 1966, dans un train qui allait vers la Bolivie, je fis la connaissance de Blanca Galeano que les journaux appelaient "la concubine" du voyou nommé Mereles. Elle avait seize ans mais avait l'air d'une femme de trente ans et elle fuyait. Elle me raconta une histoire très étrange (...) Et moi je l'écoutai comme si je m'étais trouvé en présence de la version argentine d'une tragédie grecque. »
C'est ainsi que Ricardo Piglia s'empare du braquage qui a défrayé la chronique entre septembre et novembre 1965 à Buenos Aires. Il décide d'en faire un roman tant la violence des faits, la puissance des sentiments et la brutalité de la police dépassent de loin la fiction. Bébé Brignone et le Gaucho Dorda, Bazán le Bancal, Malito ou Mereles le Corbeau prennent vie sous sa plume avec un réalisme et une vigueur extraordinaires, sur fond d'agitation péroniste et de magouilles politiques.
Et, à la manière d'un Truman Capote ou d'un William Faulkner, Piglia réinvente de manière magistrale le roman noir argentin.

J’ai été surprise lorsque j’ai ouvert ma boîte aux lettres et trouvé ce livre. En effet, j’ai eu le plaisir de recevoir ce livre de la part des Editions Zulma sans proposition préalable. Et quelle bonne surprise après lecture de ce livre !

Il s’agit là du récit d’un fait divers qui s’est déroulé à Buenos Aires et Montevideo en 1965. Un groupe de jeunes truands a mis au point le braquage d’un véhicule de transports de fonds qui transporte une somme d’argent colossale. Dans un premier temps on suit l’avant-braquage de ce fourgon blindé par la bande de Malito, le chef. Une préparation qui sera courte, il ne faut pas qu’il y est de fuite. Cette bande menée par Malito se compose de : Bazán le Bancal, Mereles le Corbeau, Bébé Brignonne et le blond Gaucho Dorda le Fou (ces deux derniers, surnommés les Jumeaux, pas parce qu'ils le sont vraiment mais par des liens qui les rapprochent et qui fait que lorsuq'on voit l'un, on voit l'autre aussi). Mais ce braquage implique aussi des politiques et des policiers qui ont transmis à Malito, des plans, des informations dans les moindres détails sur le trajet du fourgon, les horaires de celui-ci… Ce braquage n’était pas seulement l’affaire d’un groupe de truand. La somme d’argent, très importante rappelons-le, serait partagée entre tout protagoniste entrant dans l’affaire.

Arrive le jour du braquage. Malito, Bazán le Bancal, Mereles le Corbeau, Bébé Brignonne et Dorda se mettent en route et préparent la scène pour passer à l’action. Le 27 septembre 1965, la fourgonette du trésorier général entre sur la place San Fernando de Buenos Aires, sur la gauche dans le sens des aiguilles d’une montre et le sens de la circulation était bien particulier sur cette place. Tout était prévu.

« La fourgonette Ika du trésorier général devait prendre sur la gauche, dans le sens des aiguilles d’une montre, il fallait donc se présenter face à elle pour l’arrêter avant qu’elle ne passe le portail de la mairie. Le sens de la circulation les obligeait à faire le tour de la place pour lui couper la route à mi-chemin. Leur seul avantage étant l’effet de surprise, il fallait tuer le chauffeur et toute l’escorte avant qu’ils ne réussissent à se défendre ».

Tous les braqueurs de la bande sont excités par l’action à mener justement, mais aussi par la prise de différentes drogues. La scène qui se déroule à cet instant (15 heures 11) sur la place San Fernando est des plus macabres, et elle ne durera que quelques minutes. Un témoignage affirmera « Ils avaient l’air furieux, tiraient sur tout le monde, balayant l’air en demi-cercle, tout en s’approchant de la fourgonnette, au ralenti ». Les témoins (encore vivants de la scène) virent alors des corps rebondir.

J’utilise des extraits, mais c’est pour mieux retranscrire l’impact de ce braquage.
« L’indescriptible confusion produite par ce lâche attentat ne permit pas, dès le début, de déterminer ce qui était arrivé (disaient les journaux). Ce fut un déferlement de violence brutale, une explosion aveugle. Un concentré de bataille, qui dura le temps que prend un feu rouge pour passer au vert. Rien qu’une seconde, avant que la rue ne se trouve aussitôt jonchée de cadavres ».
Ces braqueurs fous, vous comprenez donc, ont tirés sur tout ce qui bougeait sur cette place, tous les passants étaient visés, adultes comme enfants. « Ceux qui avaient assistés à la fusillade allaient et venaient sur cette place, comme des somnambules, heureux de s’en être sortis indemnes et horrifiés de ce qu’ils avaient vu. Une après-midi paisible peut d’un coup se transformer en cauchemar ».
La bande a donc pris rapidement la fuite en emportant leur butin et en laissant sur cette place de nombreux morts.

Dès lors, la chasse aux gangsters est ouverte. Certains éléments de l’enquête font penser à des éléments du nationalisme péroniste.
On va suivre pas à pas, et la fuite de la bande de Malito jusqu’à leur planque ; et l’enquête menée par le commissaire Silva.
Je ne vous relate pas tous les faits de cette histoire car il y a énormément de choses à raconter mais l’histoire se termine à Montevideo, en Uruguay, où les forces de police ont retrouvé la trace d’une partie de la bande de braqueurs. Le siège autour de l’immeuble où ils se trouvent planqués durera plus de 16 heures. Les braqueurs seront de nouveau surexcités, pris sous les effets de toutes sortes de drogues, hallucineront même parfois.
Je ne peux tout vous dévoiler bien évidemment… la fin nous fait juste penser, réagir et commenter ce fait en soi-même : mince alors, que de pertes il y a eu pour en arriver là… et là je suis sûre que je mets votre curiosité en émoi et que vous aimeriez connaître le déroulement de l’histoire.
 

A vous de découvrir ce roman qui raconte une histoire vraie. Je ne le mets pas en coup de cœur, mais c’est tout comme, c’est un livre qui me marquera. Il me marquera de par l’histoire en elle-même, et de par le style de l’auteur et de ses recherches. L’histoire est vraiment à découvrir, elle est fort intéressante. Le style de l’auteur est quant à lui très bon, dès les premières pages vous êtes mis dans l’ambiance. Une ambiance haletante, on sait dès le début que cette bande là, c’est vraiment des allumés que rien n’arrêtera. Et on sent tout de suite qu’il y aura du sang qui coulera dans cette affaire. Et le style de l’auteur est bon car il s’agit là d’une reconstitution réelle des faits, grâce à des témoignages des différentes scènes, grâce aux dossiers et déclarations du commissaire Silva (en charge de l'enquête), des enregistrements secrets aussi, grâce aux témoignages de personnes impliquées dans cette affaire… L’auteur nous offre un épilogue très intéressant qui nous explique la façon dont il a procédé pour retranscrire cette affaire. « J’ai respecté la continuité de l’action et (dans la mesure du possible) le langage de ses protagonistes et des témoins de l’histoire. »
L’époque où ces faits se sont déroulés, est elle aussi intéressante, une situation politique Argentine assez tendue. Et le traducteur (François-Michel Durazzo) nous offre, lui, des notes historiques.
L’auteur a eu l’idée d’écrire sur cette affaire suite à une rencontre dans un train, celle de la « concubine » de Mereles (le chauffeur). Une jeune fille de 16 ans surnommée « La petite ». L’histoire est marquante car il s’agit là d’un braquage qui a tourné en tuerie, mais le style étant bon, je vous rassure en vous disant que ce n’est pas raconté façon gore. Mais on visualise bien les scènes, j’ai eu l’impression de voir devant moi se dérouler des images d’un film tellement s’était bien raconté. Par contre, certaines scènes sont un peu crues, lorsqu’il nous est raconté pour mieux cerner les personnages, leurs périodes d’emprisonnement et les viols subis pour certains d’entre eux. Ou bien encore les scènes sont crues lorsque l’un d’eux, sous l’emprise de la drogue, revient sur ses perversions. On pourrait penser que c’est inutile à l’histoire mais en fait cela nous aide à cerner ces personnages animés de violence. Un très bon livre, très intéressant !
Merci, donc, aux Editions Zulma pour cet envoi et cette découverte.


Grâce à cette lecture, je me suis donc arrêtée en Argentine pour mon Challenge "Le Tour du Monde"

drapeau Argentin


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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 13:20

lementeurDe Henry James

Format : Poche

Editeur : Gallimard

Collection : Folio 2€

Pages : 116

Parution : janvier 2006

 

Le colonel Capadose est un homme fascinant : séduisant, beau parleur, bon cavalier, aimé des femmes - et surtout de la sienne, Everina -, il réunit toutes les qualités dont on peut rêver. Seule ombre au tableau, c'est un menteur invétéré qui affabule à longueur de journée. Lorsque Olivier Lyon, un peintre de talent, amoureux d'Everina, décide de réaliser un portrait du colonel qui révélera au grand jour sa véritable nature, les choses se compliquent... Un court chef-d'œuvre sur l'obsession de l'imposture et une vibrante histoire d'amour. 

 

Fin du XIXè siècle, Olivier Lyon est un peintre réputé et se retrouve dans un manoir parmi une compagnie variée qui semblait lui promettre des rencontres et conversations diverses. Il est invité dans ce manoir pour peindre le portrait de Sir David, maintenant âgé. Il participe donc aux mondanités quotidiennes dans l’attente de rencontrer Sir David pour effectuer le portrait. Mais au cours d’un dîner, son regard se porte sur une femme qui n’est autre qu’Everina, une ancienne conquête à qui il avait demandé la main et qui refusa. Cela, date d'il y a quelques années. Olivier Lyon semble toujours épris d’Everina. Celle-ci lui présente son mari, le colonel Capadose. Cet homme est vraisemblablement un affabulateur car il ne cesse de raconter un tas de choses qu’il aurait vécu, des choses bien souvent extraordinaires… Certains mondains semblent déjà connaître le colonel Capadose et ses affabulations et mettent Olivier Lyon au parfum sur le comportement du colonel. Et oui, il ne peut se contenter de choses simples alors Capadose bonifie toutes actions qui lui sont arrivées, ou bien en inventent pour se raconter une meilleure vie.

Olivier Lyon est énervé par le comportement de Capadose, et surtout le fait que ce soit l’époux d’Everina. Il se pose la question de savoir si Everina sait que son mari est un bonni menteur et du coup elle rentre dans le jeu du Colonel, ou bien qu'elle n'ait pas connaissance des affabulations de son mari.

Alors Olivier Lyon, réputé de son talent d’artiste peintre mais aussi de psychologue, car il sait très bien faire retranscrire les sentiments des personnes dont il fait le portrait, va donc proposer à Everina et Capadose de faire le portrait de celui-ci. Ils en sont ravis du fait que c’est un peintre célèbre. Mais Olivier Lyon a son idée en tête, celle de révéler la nature du colonel Capadose aux yeux de tous à travers son portrait, et surtout aux yeux d’Everina, amoureuse de son mari. Il veut révéler que Capadose est un menteur.

Mais les choses vont peut-être se retourner contre notre peintre, qui essaie par là d’une certaine manière de se venger du non-amour pour lui, d’Everina… A vous de lire la suite. 

Voilà une nouvelle classique, courte et rapide à lire. Une histoire originale avec les trois personnages principaux, le peintre Olivier Lyon encore sous le charme d’Everina, Everina la dulcinée du peintre d’il y a maintenant une douzaine d’années, et le colonel Capadose, affabulateur invétéré et mari d’Everina. Une courte nouvelle qui nous montrera un homme qui enjolive sa vie par mensonges qui ne sont là que pour lui donner de la valeur. Il ne ment pas contre autrui, ce sont des mensonges plutôt gentils envers sa vie à lui. Et la nouvelle nous montrera, ce à quoi la jalousie peut mener. Mais notre peintre psychologue voulant utiliser sa peinture comme vengeance pour reconquérir sa belle, va avoir droit au revers de la médaille. Une nouvelle sur le mensonge, la vérité, qu’est-ce-qui est bon à dire. Y a-t-il un mal à parfois mentir pour agrémenter la vie….

Une nouvelle qui se lit bien mais je ne sais pas si elle me restera longtemps en mémoire quand même ^^

 

Extrait :

« L’envie le prit de faire aussi le portrait du colonel – opération dont il se promettait de tirer une riche satisfaction personnelle. Il le forcerait à se révéler, il ferait de lui la représentation totale dont il avait parlé avec Sir David, et personne ne le saurait, à part les initiés. Ces derniers, cependant, tiendraient son portrait en haute estime, et il s’agirait en effet d’un ouvrage d’une profondeur exceptionnelle – un chef-d’œuvre de caractérisation subtile, de traîtrise légitime. Il rêvait depuis des années de produire quelque chose qui porterait la marque du psychologue aussi bien que celle du peintre, et il avait enfin trouvé son sujet. […] Il avait déjà le sentiment que personne ne savait mieux que lui amener le colonel à se révéler, et il ne suivait pas seulement son instinct, mais un plan délibéré. Il y avait des moments où il était presque effrayé par la réussite de ce plan – le pauvre colonel allait si terriblement loin. Un jour, il s’arrêterait, regarderait Lyon droit dans les yeux – devinerait qu’on se jouait de lui -, ce qui mènerait sa femme à le deviner aussi. » 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 11:58

chocolatamerDe Laura Esquivel

 

Format : Poche

Editeur : Gallimard

Collection : Folio

Pages : 247

Parution : février 2009 

Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur. L'amour de la vie est exalté dans ces pages d'un style joyeux et tendre, dont le réalisme magique renvoie aux grandes oeuvres de la littérature latino-américaine. Chocolat amer, adapté en film sous le titre Les épices de la passion, s'est vendu à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde.

  

Lecture commune avec Bladelor, Mariel et Tiphanie. J'ai reçu ce livre au cours du swap Mille-Feuilles, et il m'a été envoyé par Lancellau.

Nous sommes au début du 20ème siècle, au Mexique, en plein cœur de la Révolution Mexicaine. Nous nous trouvons au sein d’une famille Mexicaine vivant dans une ferme, Mama Elena est veuve et a ses trois filles avec elle, Rosaura, Gertrudis et Tita.

Tita, la dernière des 3 filles a toujours eu un don pour la cuisine, et d’ailleurs elle serait même née sur la table de la cuisine. « Elle développa un sixième sens pour tout ce qui touchait à la nourriture ».  Tita a 15 ans lorsqu'elle rencontre Pedro, dont elle tombera éperdument amoureuse. Un jour avec son père Pedro vient à la ferme pour demander à Mama Elena la main de Tita. Mais les us et coutumes mexicaines se mettrons sur le chemin de Tita, car dans la tradition mexicaine, la plus jeune des filles doit veiller sa mère jusqu’à sa mort et ne peut donc pas se marier. « Une de ces après-midi, avant que Mama Elena n’ait donné l’autorisation de se lever de table, Tita, âgée alors de quinze ans, lui annonça d’une voix tremblante que Pedro Muzquiz voulait lui parler…

- Et de quoi ce monsieur veut-il me parler ? dit Mama Elena après un long silence qui fit trembler Tita.

Elle répondit dans un filet de voix :

- Je ne sais pas. Le regard de Mama Elena était dur des contraintes qui pesaient sur la famille depuis des années.

– Eh bien ! mieux vaut que tu l’avertisses : si c’est pour demander ta main, ce n’est pas la peine. Il perdrait son temps et me ferait perdre le mien. Tu sais parfaitement que tu es la plus jeune de mes filles, et que tu dois veiller sur moi jusqu’à ma mort. »

En femme dure et aigre, Mama Elena ne démordra pas à la règle et Tita sera résolue de vivre éternellement avec sa mère jusqu’au décès de celle-ci. Tita est effondrée et le sera encore plus lorsqu’elle apprendra que tout compte fait c’est la main de sa sœur Rosaura, plus âgée de 2 ans que Tita, que sa mère offrira à Pedro. Et que Pedro, pour continuer de vivre auprès de Tita qu’il aime, acceptera ce mariage avec Rosaura. Tita ne connaissant pas les intentions de Pedro (comme quoi il accepte ce mariage pour être toujours auprès d’elle), prend ce mariage pour une terrible trahison. Mais Mama Elena va comprendre bien vite que Pedro accepte ce mariage pour continuer de vivre sa passion pour Tita, auprès de Tita.

Mariage célébré entre Pedro et Rosaura, voilà maintenant que Tita se retrouve esclave de sa mère, et que celle-ci surveille de près Tita et Pedro. Connaissant les talents culinaires de sa fille, elle l’enverra en cuisine, l’a où elle excelle le mieux. Et ce n’est pas pour déplaire à  Tita. Elle exprimera corps et âme sa passion pour la cuisine et mettra tout ses sentiments dans les plats qu’elle cuisinera. Un talent culinaire que Tita a hérité de sa nourrice indienne Nacha.

Mais certains plats que Tita va cuisiner vont provoquer quelques ensorcellements, car elle est tellement en lien avec les aliments (elle communique avec eux, ressent leurs forces et leurs émotions) que certains plats vont agir sur des personnes et notamment sur sa sœur Gertrudis, mais aussi sur Pedro qui vont chacun tour à tour se retrouver sous l’emprise de la magie culinaire de Tita. Si bien que les prédictions de Mama Elena en définissant la vie de ses 3 filles, vont se retrouver déjouées. La fureur de Mama Elena va s’élever.

Mais je ne peux vous en dire plus.  

Un régal ce livre ! A la fois roman-feuilleton et livre culinaire. Un roman très agréable à lire, et je dois dire que je n’ai pu m’en détacher facilement. Je ne dis pas que je l’ai lu d’une traite mais quasiment, tellement on a envie de tourner les pages pour connaître l’histoire en entier. L’auteur Mexicaine a su être très originale en mêlant à l’histoire les recettes de cuisine. Chaque chapitre porte le nom d’un mois, et le nom d’une recette, vient ensuite les ingrédients de la recette puis commence l’histoire du chapitre en mêlant directement à l’histoire, la manière de cuisiner le plat en question. Vraiment original ! De plus l’histoire évoque de nombreux rebondissements, et nous ne sommes jamais au bout de nos surprises. Ce qui est normal me direz-vous, entre une mère tel un dragon en furie et un jeune couple qui s’aime éperdument sans pouvoir vivre leur amour. Les recettes apportent leurs charmes en plus de cette histoire d’amour, elles apportent quelques notes parfumées, quelques saveurs exotiques et un brin de magie. Et puis l’époque est intéressante, n’oublions pas que nous sommes en pleine Révolution Mexicaine et qu’en plus des us et coutumes de l’époque, les conditions de la femme sont difficiles. Que vous dire de plus si ce n’est que j’ai beaucoup aimé cette lecture….. un livre que j’ai savouré au fil des pages ;-) 

J'ai lu ce livre dans le cadre de la lecture commune mais aussi dans le cadre de mon challenge abc 2010.

 

47668423 p

Lettre E

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 12:00

ilavaitplutoutledimanchede Philippe Delerm

Format : Poche
Editeur : Gallimard - Folio
Collection : Folio
Pages : 116
Parution : janvier 2000

""Revoir Paris". Arrivé à la gare du Nord, monsieur Spitzweg se surprend à siffloter la chanson de Trenet. Ah oui ! finalement, c’est surtout pour ça qu’il est parti. Dans la rumeur de sept heures du matin, une grande bouffée de Paris lui monte au cœur, et c’est plus fort que toutes les vagues de la mer du Nord. Il prend un café sur le zinc, dans les annonces des haut-parleurs : " Le T.G.V. 2525 à destination de Bruxelles partira de la voie 8… " Mais on peut bien parler d’ailleurs, Arnold sait désormais qu’il est ici. Cette désinvolture du serveur, l’odeur des journaux frais, un je-ne-sais-quoi de parisien dans l’arôme du café… Monsieur Spitzweg reprend sa valise et hume les couloirs du métro comme un jardin d’essences rares. Les carreaux de faïence, la couleur des affiches, tout lui plaît. Dans le wagon qui le ramène à Guy-Môquet, il y a un Noir avec un gros vélo rouillé auquel il manque une pédale." 

 

 

J’avais déjà été touchée par les mots, les textes, de Philippe Delerm lors de ma lecture de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules alors je me  suis dis de poursuivre avec cet auteur.

Ce livre nous conte la vie d’Arnold Spitzweg à travers des scènes de vie qui se déroulent dans les rues de Paris. A l’origine pourtant M. Spitzweg n’est pas parisien, il vient du Bas-Rhin. Il a été muté voilà maintenant 30 ans sur Paris. Nous allons donc découvrir pas à pas la petite vie tranquille de M. Spitzweg, et apprendre qu’il aime prendre le métro n’ont pas en le considérant comme un moyen de locomotion mais plutôt prendre le métro afin de rencontrer l’humanité. Il aime aussi les premières pages des Maigret, il pleut souvent dans les premières pages des Maigret, alors comme il dit « on se sent bien dedans, au coin de la cheminée dans son fauteuil, ou même au café ».

Voilà, au fil des pages on suit la vie de M. Spitzweg, on flâne avec lui dans les rues de Paris, on y boit un café, celui qui a le goût du café parisien. On y glane quelques senteurs et on contemple la vie parisienne, anonymement comme M. Spitzweg. 

Un résumé court, mais en somme avec les livres de Philippe Delerm il est difficile de faire des résumés. C’est la qualité du texte qui nous fait aimer Delerm, le détail de la description de la vie. La poésie des moments choisis, pourtant quotidiens. J’avais eu un énorme coup de cœur pour La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules et j’ai eu envie de relire Delerm. Avec Il avait plu tout le dimanche j’ai été un peu moins touchée, mais le texte est tout aussi beau, on se surprend à sourire. C’est bien sûr toujours un plaisir de lire son texte. Arnold Spitzweg apparait pour la première fois dans ce livre Il avait plu tout le dimanche mais nous le retrouvons aussi dans Monsieur Spitzweg s’échappe et dans Quelque chose en lui de Bartleby. Donc si vous aimez l’écriture de Philippe Delerm,  et la poésie de la vie qu’il nous livre, vous apprécierez cette courte lecture.


Autre livre de Philippe Delerm commenté sur ce blog : La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules 

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 13:07
livrededinaDe Herbjørg Wassmo

Format : Poche
Editeur : 10-18
Collection : Domaine Etranger
Pages : 172
Parution : 2002


« Figé dans un linceul de glace, à l’extrême pointe de la Norvège, le Nordland est un pays de fin du monde. […] Là-bas, se déchaîne une furie, une femme, Dina, que la mort suit comme son ombre. Enfant, Dina est frappée par le destin, par la main de Dieu ou par celle du diable. Ou par les trois. Elle tue sa mère. Maudite par son entourage, abandonnée à elle-même, elle grandit, sauvage et, surtout, libre. Dès lors, Dina, arrogante, farouche, ira, seule, sur un glong chemin de hargne. […] Le Livre de Dina est un long requiem, un chant de couleur et de violence, de folle passion et d’insondable solitude. Ici, l’amour est une dans effrénée et voluptueuse, une torture, une mise à mort. Herbjorg Wassmo dirige son tumultueux personnage d’une plume rapide, sensuelle, vertigineuse. Elle dompte les mots, les images, les sens, tout comme sa Dina asservit son étalon ou ses amants, assouvit sa rage de vivre. Sans palabres. »

Voici une histoire assez étrange, une série de 3 tomes que l’on m’a offerts il y a quelques années et qui étaient toujours restés dans ma pal.

XIXè siècle, nous sommes à l’extrême pointe de la Norvège. C’est l’histoire de Dina, qui depuis son enfance traîne la mort derrière elle.  Le livre commence par la fin, Dina est adulte, et l’on remonte le temps ensuite. On retrouve Dina, entouré de sa famille. Le père est commissaire, a une bonne situation et est respecté de tous dans la région. Un jour de grand nettoyage du linge, dans la buanderie, les femmes lavent le linge dans les baquets agrémentés d’un nouveau système évitant de porter justement les lourds baquets d’eau. Une manivelle est prévue pour baisser le baquet petit à petit. Dina regarde sa mère laver le linge et est intriguée par cette nouvelle « machine » pour laver le linge. Elle s’approche du baquet de sa mère et pose la main sur la manivelle. D’un coup, l’eau bouillante va se déverser sur la mère de Dina et deux jours après elle mourra de ses brûlures. Depuis ce jour, Dina est restée muette, sauvage, et totalement abandonnée à elle-même dans la propriété de la famille. Elle traînera dans les écuries, pieds nus dans le crottin. Elle montera aux arbres pour s’y asseoir sur les branches pendant des heures. Apprendra à monter à cheval tel un homme. Elle reste totalement libre. Un précepteur viendra lui apprendre les leçons, petit à petit elle reparlera, et elle apprendra également à jouer du violoncelle.

Mais elle restera la sauvageonne qu’elle était, habillée tel un homme et sentant l’écurie. Se moquant des us et coutumes auprès des gens de la société que son père peut recevoir. Elle va anéantir la vie familiale de la maison, son père s’étant remarié, elle va faire tout ce qu’elle peut pour être arrogante avec la nouvelle femme de son père. Adolescente, son père ne sait plus quoi en faire. Elle a tellement été livrée à elle-même que désormais elle est devenue indomptable, personne ne peut la maitriser, elle peut même devenir féroce. A 16 ans, le meilleur ami de son père la veut en mariage. Entendez bien que ce n’est pas une demande en mariage, il la veut. Et pour s’en débarrasser, le père de Dina va la donner en mariage à son ami âgé de 48 ans. Bien évidemment, Dina ne va pas changer de comportement, elle va continuer à défier toutes les conventions de l’époque et galoper telle une Walkyrie sur son cheval dans les bruyères des côtes Norvégiennes. Elle ne sera pas dérangée, non plus, de jouer du violoncelle en pleine nuit et de réveiller ainsi tous les habitants de la maison de son époux. Rien n'arrête cette jeune femme. L’hymne de Dina : posséder les autres, mais ne pas être possédée. Et cette jeune femme totalement imprévisible, va se découvrir un côté perverse avec son mari.

Il n’y a que sa belle-mère qui tente un peu de découvrir cette sauvageonne bien qu’elle n’apprécie pas trop sa présence au domaine. Bien sûr car Dina veut tout régir, et la vie des habitants de la maison et l’entreprise familiale.

Je vous ai fais découvrir en particulier le personnage de Dina, l’héroïne de cette saga, son caractère. Car il est question dans ce livre de cette étrange femme au caractère bien défini. Mais je ne peux vous dévoiler entièrement tous ce qui se passe dans ce premier volet. Ce sera à vous de découvrir ce 1er opus si le coeur vous en dit. 

Une lecture un peu particulière je dois dire. Avec cette enfant qui, à 5 ans, tue malencontreusement sa mère et qui sera rejetée de tous, étant perçu tel un démon. Elle va vivre recluse sur elle-même, devenir une vraie sauvageonne parfois très arrogante envers son entourage. Adolescente mariée à un homme beaucoup plus âgée qu’elle, elle va découvrir la sexualité et en deviendra perverse. Elle va dompter son entourage et notamment son mari mais aussi ses amants. Elle sera maitresse de sa vie, comme bon lui semble sans que personne ne s’interpose sur son passage. On à un avis partagé sur ce personnage, on se prend à la détester car elle est vraiment abjecte avec tous le monde, mais comment peut on lui en vouloir aussi, elle qui a toujours été rejetée depuis toute petite. C’est pour ça que la lecture en devient particulière, on se pose des questions mais qu’est ce que c’est que cette lecture ;-) Mais tout autant j’ai envie de connaître la suite, qu’est ce qu’il va lui arriver dans les prochains volets. Et puis le décor Norvégien est tellement bien décrit, sauvage tout comme Dina. Chaque chapitre est ouvert par une citation de la Bible. Voilà il me reste à lire la suite avec les 2 autres opus de cette tragique saga. 

Un autre avis : Abeille

J'ai lu ce livre dans le cadre de mon challenge abc 2010

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 20:18
histoirechicagomayDe Nuala O'Faolin

Format : Broché
Editeur : Sabine Wespieser
Collection : Littérature Etrangère
Pages : 443
Parution : 2006

Nuala O’Faolain s’empare du destin d’une jeune Irlandaise pauvre qui, en 1890, s’est enfuie de chez elle pour devenir une criminelle en Amérique sous le nom de « Chicago May ».
L’amour, le crime et un destin exceptionnel de femme au tournant du XXe siècle : tous les ingrédients du romanesque sont réunis. Tour à tour braqueuse, prostituée, arnaqueuse, voleuse et danseuse de revue musicale, May avait une beauté magnétique qui tournait la tête des hommes. Ses aventures la conduisirent du Nebraska, où elle côtoya les frères Dalton, à Philadelphie, où elle mourut en 1929, en passant par Chicago, New York, Le Caire, Londres et Paris, où elle fut jugée pour le braquage de l’agence American Express. Elle vécut sur un grand pied, fit de la prison, et écrivit même, dans le genre convenu des mémoires de criminels, l’aventure de sa vie.
Partant de ce matériau, Nuala O’Faolain mène une enquête trépidante, tentant de saisir les motivations de cette énigmatique sœur d’Irlande, elle aussi exilée aux Etats-Unis. Car cette héroïne romanesque et sentimentale a payé au prix fort l’indépendance qu’elle a conquise contre les normes sociales. Ici l’écrivain nourrit de sa propre expérience une émouvante réflexion sur la quête d’une femme qui a décidé de sortir des sentiers battus, choisissant l’aventure et assumant la solitude.

1890, May Duignan, est une jeune fille de 19 ans d’une famille de paysans pauvres d’Irlande. Elle doit garder et élever successivement les enfants mis au monde par sa mère. A 19 ans donc, elle décide de quitter l’Irlande le jour où sa mère est en plein accouchement, pour ainsi fuir cette vie. Elle vole les économies de ses parents, et prend un bateau en partance pour les Etats-Unis.
Malheureusement pour elle sa vie va tourner en débâcle. Arrivée à New York, May Duignan va se transformer en très peu de temps en celle que l’on surnommera Chicago May, une grande criminelle. En effet, l’argent volé a vite été dépensé et à New York elle commence à se prostituer, à voler pour pouvoir s’en sortir. Petit à petit elle va continuer dans cette vie tumultueuse au hasard des rencontres d’amants qui bien évidemment vont plutôt lui causer des ennuis qu’autre chose. Elle va côtoyer les frères Dalton à Philadelphie et d’autres bandits de l’époque. Elle deviendra au début du siècle une grande criminelle très connue aux Etats-Unis, et en peut de temps sera devenue, arnaqueuse, voleuse, prostituée, danseuse dans une revue musicale. Elle va gagner de l’argent, parfois beaucoup. Mais le dépensera vite en le partageant entre ses amants, ou gaspillé en boissons et autres dépenses inutiles.
Elle traversera New York, Le Caire, Paris, Philadelphie, le Nebraska, Chicago...
Chicago, justement, où l’on apprend beaucoup de choses sur l’époque. Chicago, à l’époque, c’est des quartiers avec un nombre phénoménal de saloons, d’hôtels de passes ; d’hommes qui arrivaient par le chemin de fer… Et c’est une ville où hommes politiques et policiers sont corrompus. L’auteur est très documenté, ses références sont des coupures de presses de l’époque, des dossiers….
Chicago May va connaître des hommes, qui seront ses hommes réguliers, avec qui bien entendu elle va avoir de gros ennuis. Les plus gros ennuis arriveront lorsqu’elle rencontrera Eddie Guérin. Avec lui et d’autres, elle participera au casse de l’agence American Express à Paris. Elle sera jugée, condamnée et emprisonnée dans la prison de Montpellier. Eddie Guérin, lui, fut condamnée au bagne à vie sur l’île du diable où les conditions sont inconvenables  mais il arrivera par un moyen extraordinaire à s’en échapper au bout de quelques années. Il retrouvera May mais l’histoire va mal tourner. Elle sera arrêtée de nouveau quelques temps après pour avoir tenter de tuer Eddie Guérin. Elle fut emprisonnée pendant 15 ans en la prison d’Aylesbury de Londres, prison beaucoup plus rigoureuse et punitive que celle de Montpellier où elle fut enfermée. Dans cette prison, les femmes y connaissent la famine, l’insalubrité, la maladie. Et la seule terreur de May s’est de mourir en étant en prison « L’idée commence à hanter May que si elle était enterrée alors qu’elle était en prison elle resterait une prisonnière pour l’éternité. »
Elle fera la connaissance de la marquise Markievicz, une révolutionnaire Irlandaise.
A sa sortie de prison, Chicago May, émigre de nouveau aux Etats-Unis, elle n’a pas le choix, l’Angleterre la répudie de sa terre d’Irlande ainsi que de l’Angleterre et lui paye le bateau. Et sans le sous de nouveau, elle retrouvera sa vie d’avant, de prostituée, voleuse et arnaqueuse pendant plusieurs années.
Elle mourut en 1929 des suites d’une opération à la veille d’un mariage prévu avec un de ses amants complices d’arnaques. Elle sera enterrée seule, mais dans un cercueil correct (payé avec l’argent hérité par le futur mari à qui elle a légué ses derniers « pauvres » biens) et pas dans une fosse commune. Et je dis qu’elle fut enterrée seule car il n’est pas venu l’accompagner dans ces derniers instants, il a pris les bagues de Chicago May et le reste de l’argent et est parti.

 

Intéressante biographie bien détaillée sur Chicago May. Où Nuala O’Faolin est extrêmement bien documentée grâce aux énormes recherches qu’elle a effectué. Elle a à l’appui, un livre que Chicago May a écrit lors de ses dernières années. En effet Chicago May a écrit en quelques sortes ses mémoires sur les conseils de August Vollmer, figure de 1er plan dans le domaine de la justice aux Etats-Unis à l’époque et qui fut le 1er à se servir du détecteur de mensonges. Il prit Chicago May sous son aile et lui conseilla donc d’écrire son histoire qui pourrait bien lui rapporter quelques sous au lieu de se prostituer. C’est à l’aide de ce document que Nuala O’Faolin a écrit cette biographie, ainsi qu’à l’aide de coupures de presses, casiers judiciaires qu’elle a trouvé en suivant la même route que May Duignan depuis l’Irlande. Nuala O’Faolain, Irlandaise elle aussi, décida d’écrire ce livre lorsqu’elle entendit parler de May Duignan comme si elle avait un probable point commun avec May.
Cette lecture fut intéressante, sur différents points de vue. La vie sociale difficile à cette époque, la pègre, la condition des femmes sans argent qui sont condamnées à se prostituer pour pouvoir survivre…. Nuala O’Faolain cerne très bien le personnage de Chicago May, un personnage qui a plusieurs facettes.
Par contre, je dois avouer que vu que l’histoire n’est pas très réjouissante je me suis parfois un peu ennuyée. Et puis je pense que cela était dû au fait que je lis très peu souvent des biographies car je préfère des romans à rebondissements. Donc c’est vraiment un aspect personnel cet ennui car pas trop l’habitude de ce genre de lecture. Mais en fait j’étais intriguée par la vie de cette femme qui a voulu fuir la pauvreté de l’Irlande à l’époque et qui a eu une carrière de 40 ans d’arnaques, braquages et criminalité dont la moitié fut passée en prison. Une femme qui a été seule en fait, toute sa vie. Cette lecture apporte aussi une connaissance sur la condition des femmes en Amérique sur les années 1890 – 1920.

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Published by Lilibook - dans Romans
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